10 Avr 2018

Bâle III - Défis réglementaires pour la trésorerie et les finances

Bâle III, le plus grand changement apporté à la réglementation bancaire depuis des décennies, est examiné ici. Les changements sont si profonds qu'ils affecteront également les entreprises. Nous examinons ici certaines des façons dont les entreprises devront modifier leurs pratiques, ainsi que les technologies qui peuvent jouer un rôle essentiel.

 

 

Donc, Bâle III. C'est l'un des plus grands changements réglementaires que le secteur bancaire ait connu depuis des décennies. Comment voyez-vous l'impact de ces changements sur la relation entre les banques et les entreprises, et comment pensez-vous que les entreprises doivent s'adapter ?

 

Les réglementations de Bâle III arrivent comme un train de marchandises et les banques vont devoir intégrer de nombreux changements. Par exemple, l'exigence d'un rapport intra-quotidien sur la liquidité, alors nous allons voir certaines des exigences auxquelles les banques doivent se conformer se répercuter inévitablement sur le secteur des entreprises, parce que les banques vont devoir rendre compte d'un nouvel ensemble de données, ou d'une nouvelle série d'exigences en matière de données qu'elles n'ont pas encore déclarées et pour lesquelles elles n'ont pas eu accès aux données.

Ils seront donc en mesure d'identifier des modèles de comportement prévisibles, de prévoir des modèles de comportement en termes de flux de devises. Ces ensembles de données seront inévitablement mis à la disposition des trésoriers d'entreprises. Ils pourront donc faire bon usage de ce type d'informations pour identifier les bons et les mauvais payeurs, les schémas prévisibles, etc. et gérer plus efficacement leur propre bilan. Voilà le bon côté des choses !

D'un autre côté, selon le côté de la barrière où l'on se trouve, les banques seront en mesure d'identifier exactement qui utilise et qui est consommateur de cette liquidité intra-quotidienne. Une étape inévitable est qu'elles commenceront à facturer pour cela, et les entreprises pourraient constater que lorsqu'elles sont de grandes consommatrices de liquidités intra-quotidiennes auprès de leur fournisseur bancaire, elles pourraient commencer à encourir des frais pour cela.

Nous allons assister à ce que l'Alliance du Trésor appelle la "fin du pooling notionnel". La mise en commun notionnelle est un outil clé des trésoriers d'aujourd'hui, qui leur permet d'avoir plusieurs succursales, plusieurs juridictions, plusieurs banques au sein de ces juridictions et de mettre en commun les soldes. Ainsi, vous pouvez avoir une entité qui est riche en liquidités, et une autre qui ne l'est pas. Tant qu'elles ont un accord bilatéral entre elles, elles peuvent compenser la position et ne pas avoir de découvert lorsqu'elles n'ont pas de liquidités.

Cependant, avec Bâle III, les régulateurs insistent maintenant sur le fait que ce n'est pas nécessairement la bonne façon de conduire les opérations bancaires, car cela ne reflète pas vraiment la position de capital d'une entité d'entreprise à un moment donné. Les normes IS32 (Investment Accounting Standards), qui ont été révisées dans le cadre de la 32ème version, exigent que les types de pools soient exposés et conseillés, alors qu'est-ce que cela signifie pour les entreprises ? En fin de compte, un grand nombre d'entreprises en Europe ont recours à des pools notionnels, plus qu'aux États-Unis. Aux Etats-Unis, le concept de découvert n'existe pas pour de nombreuses entreprises et les PME doivent obtenir une ligne de crédit pour avoir cette facilité. Alors qu'en Europe, nous autorisons un découvert et nous facturons un intérêt pour cela.

Or, tout ce concept de mise en commun notionnelle a permis aux trésoriers de poursuivre leurs activités sans avoir à financer suffisamment leurs entités. Ce que cela signifie, c'est qu'ils devront désormais avoir une visibilité très concrète des positions de trésorerie dans les différentes entités et des outils tels que Gestion de la trésorerie En effet, à l'avenir, les banques elles-mêmes n'offriront pas de mise en commun notionnelle. En parlant avec un certain nombre de grandes banques, leur stratégie finale est de se débarrasser de la mise en commun notionnelle en raison des exigences réglementaires qui la sous-tendent. En outre, les positions des banques sont soumises à un examen plus approfondi pendant la journée.

Les positions de liquidité intra-quotidiennes, si elles autorisent ce type d'accord bilatéral entre les succursales, reflètent-elles vraiment a.) les positions des clients et b.) la position des banques, car la banque devrait inévitablement compenser avec une autre de ses entités, c'est donc un moment difficile, heureusement l'humanité trouve toujours un moyen de trouver une solution. Les Fintechs trouvent des solutions et AccessPay est l'un de ces produits qui aiderait un trésorier à trouver une alternative au pooling notionnel.

L'accès aux informations en temps réel devient beaucoup plus important. L'analyse des tendances et la connaissance des prévisions sont des éléments clés qui vont jouer un rôle important dans la façon dont les trésoriers se comportent.

Si vous enlevez de l'équation le pooling notionnel au sein d'un fournisseur, alors vous devez avoir une plus grande visibilité de l'endroit où se trouve votre trésorerie, et il doit s'agir d'une solution agnostique vis-à-vis des banques, car si vous enlevez le pooling notionnel, vous allez probablement vous retrouver avec une trésorerie d'entreprise qui va devoir mettre en place un processus de pooling physique, donc vous allez devoir déplacer manuellement ces fonds entre les fournisseurs, donc vous avez besoin d'une solution, vous avez besoin d'une technologie pour se situer entre l'entreprise et la banque et agréger ces informations et permettre au trésorier de l'entreprise de prendre des décisions pour déplacer les fonds physiquement sur le marché. Mais pour faire cela, pour prendre des décisions opportunes, vous avez besoin d'informations en temps réel.